Plus de 37000 entreprises à reprendre dans les Hauts-de-France : ils ont sauté le pas !

C’est l’histoire de deux amis qui ont repris l’historique marque Phildar de Roubaix. D’un ingénieur qui a ressuscité une entreprise industrielle de peignage de laine à Tourcoing. Ou d’un ancien de la grande distribution qui a transformé une activité de co-packing à Cambrai. A qui le tour ?

Dans la région Hauts-de-France, 37.500 entreprises seront à céder d’ici cinq ans, dont 1.200 industries. Tout va désormais aller très vite.

Une étude de la CCI Hauts-de-France rappelle que près de 18% des dirigeants ont l’intention de vendre leur entreprise dans les cinq années à venir. Ce qui concerne plus de 117.000 emplois salariés et plus de 18.000 indépendants dans la région, soit plus de 135 000 emplois potentiellement concernés. Rien que dans l’industrie, avec 45 % des dirigeants qui ont 57 ans et plus, ‘notre étude a évalué à 1.200 le nombre d’industries à céder avec 3 projets sur 4 concernant des entreprises comptant d’1 à 10 salariés‘, précise Grégory Stanislawski, Directeur des études CCI Hauts-de-France. ‘D’ici cinq ans, ce sont donc un peu plus de  13.000 emplois, avec des savoir-faire très spécifiques et qui ont des métiers très spécialisés, à préserver’.

Anticiper la transmission de son entreprise : un enjeu majeur

Un enjeu majeur et pourtant un problème de taille : seuls 17% des dirigeants ont déjà commencé à étudier la question !


‘L’anticipation est aujourd’hui en effet l’un des enjeux majeurs identifiés par les pouvoirs publics : la transmission d’une entreprise constitue un projet long et complexe’, souligne Émeline Pavy, Chargée de mission développement économique à la Direction régionale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités (DREETS). 
‘Il faut aussi apprendre à démystifier le processus : les chefs d’entreprises ne doivent pas avoir peur d’en parler, notamment à leurs salariés et à leurs partenaires, afin d’offrir des perspectives’.  

 

‘Nous sommes dans une culture latine où la transmission reste malheureusement cachée’, constate Marc Krzemianowski, Président de la commission transmission reprise d’entreprises à la CCI Hauts de France. ‘La Chambre de commerce, en tant que partenaire des entreprises, est justement là pour accompagner les chefs d’entreprises, en mettant cédants et repreneurs en relation, en partenariat avec toutes les professions expertes du sujet’.

Transmettre son entreprise et savoir bien s’entourer

Parmi les accompagnants experts du sujet, on trouve évidemment les experts-comptables.

‘Dans la transmission d’entreprise, l’expert-comptable a plusieurs casquettes’, rappelle Corinne Renart, Présidente de l’Ordre des experts comptables Hauts-de-France. Fixer la valeur de l’entreprise, avec une valeur équitable pour le cédant comme pour le repreneur ;  analyser tout ce qui ressort des éléments extra-financiers, comme les différents contrats, de travail ou avec les partenaires, notamment ; conseiller le cédant afin d’optimiser au mieux la fiscalité, en fonction des règlementations en vigueur. Pour le repreneur, il reste présent pour établir un plan pour s’assurer de la pérennité et de la croissance post reprise’.

Reprendre une entreprise ? Ils en témoignent sur Transfair !

Pour Eric Vandendriessche, ex co-fondateur de Camaieu, l’aventure de la reprise a commencé quand il a été appelé au chevet de Phildar, pour son expertise sur le repositionnement.

Eric VANDENDRIESSCHE 2

‘Tout a commencé par une belle rencontre avec les précédents actionnaires, qui à la suite de la pandémie de Covid, ont décidé de jeter l’éponge’. L’opportunité était belle, la marque Phildar représentait plus d’un siècle d’histoire. ‘Nous avons mis trois semaines à nous mettre d’accord avec Pierre-Jean Cayuela : cela peut paraître long mais quand on décide de s’associer, il faut bien d’accord sur le rôle de chacun, notamment qui fait quoi et ce qui va se passer après’, commente le CEO d’Happywool, qui regroupe désormais PP Yarns & Co, Phildar et Pingouin à Roubaix.

Une fois mis d’accord, les deux amis ont cherché des financements… en rencontrant près de 75 personnes en trois semaines !

‘Nous avons récolté 12 millions d’euros car nous avions fondamentalement besoin de transformer l’entreprise. Et nous avons écouté les salariés, pour aboutir aujourd’hui à une image de marque renouvelée et un statut d’entreprise à missions’, résume Eric Vandendriessche.

Cédric Auplat est aujourd’hui Président de Peignage Dumortier à Tourcoing, une entreprise très internationalisée car tournée à 90 % à l’export.

CEDRIC AUPLAT 2

‘J’ai repris cette entreprise en quatorze mois. Je la voulais parce que j’ai toujours eu l’ambition de reprendre une entreprise industrielle. Après des études d’ingénieur, tout mon parcours pendant 20 ans a été orienté vers ce projet’, raconte le repreneur.  ‘Ce que j’en ai appris, c’est qu’il faut être bien armé, car une fois à la tête de l’entreprise, on est tout seul pour tout gérer’. Et c’est encore plus vrai que Peignage Dumortier était en redressement judiciaire…  ‘Je n’ai pas eu à faire à un cédant mais j’ai dû construire un plan de reprise qui puisse séduire un mandataire judiciaire, même si ça revient sur le principe au même. J’ai eu la chance d’avoir une superbe équipe (expert-comptable, avocat, banquier qui m’a présenté au monde financier régional et aussi la CCI’.

Pour reprendre Peignage Dumortier, Cédric a justement été accompagné par la CCI.

‘C’est à la Chambre de commerce et d’industrie que j’ai commencé à me former pour créer et reprendre. Comme dans tous les métiers, diriger une entreprise nécessite de maîtriser un jargon, des règles, des calculs, des choses qui semblent très complexes au début, mais qui ne le sont plus à la fin de cette formation’, explique le repreneur.
‘Mon projet a également été labellisé rev3, pour intégrer complètement la troisième révolution industrielle : c’était l’un des axes forts du redressement de l’entreprise et la CCI m’a aidé à mener ce projet à bien’.

Thierry Huret, Président de Qualiservice, entreprise de co-packing à Cambrai, avait été à la tête d’une filiale de 350 salariés.

Thierry HURET 2

‘J’ai vu grandir l’entreprise et j’ai eu envie de faire grandir la mienne. J’avais repris une première entreprise où je me suis très vite ennuyé. J’ai donc décidé de reprendre une entreprise industrielle, avec un même dirigeant depuis vingt ans mais quelques difficultés : mon challenge a donc été aussi bien humain que technique. En l’espace de cinq ans, on a complètement changé la nature de l’entreprise…’.

Son conseil à d’éventuels repreneurs ? Reprendre ne s’improvise pas, notamment du point de vue du financement.

‘Comme j’avais déjà financé un premier achat d’entreprise, j’avais un peu d’apport et je ne voulais aucune caution personnelle, ce qui a été une vraie difficulté. En 2018-2019, j’avais réussi à tout faire financer par une seule banque, sans caution personnelle, mais une garantie à 50 % par la BPI’, précise Thierry Huret.

Vous aussi, vous souhaitez reprendre une entreprise en Hauts-de-France ?

Faites appel à l’expertise de nos conseillers CCI, pour une réponse adaptée à vos envies et votre projet.

Et parce que le financement des entreprises et les enjeux de transmission sont très importants, la Région Hauts-de-France dispose de plusieurs outils

‘D’abord, le Booster TPE Transmission, avec des montants importants‘, commente Valérie Six, conseillère régionale à la Région Hauts-de-France.

‘Ensuite, trois autres dispositifs très importants :

  • La Maison des entrepreneurs, guichet unique des entreprises.
  • Le DACS (Dispositif d’aide au développement des TPE artisanales, commerciales et de services situées dans les communes de moins de 10.000 habitants) : une subvention fixée à 20% des dépenses éligibles HT pour un montant maximum de 20 000 € et dans la limite des fonds propres de l’entreprise.
  • L’amélioration de l’accueil du public des Artisans-Commerçants (REHA)’.

TRANSFAIR LILLE

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